#CHALLENGE AZ - Y






Y Comme « Y t’o sé bé dit  »
Le corps et la parole ont une grande importance
C’est en s’appuyant sur eux que la réalisation spirituelle peut se développer
Nous pourrions dire que le corps et la parole
Sont en quelque sorte les serviteurs de l’esprit.
Kalou Rinpotché

Le dialogue véritable suppose la reconnaissance de l’autre
A la fois dans son identité et dans son altérité.
Alassane Ndaw


Y t’o sé bé dit ; (ou I to sé bé dit) traduction  « Je te l’avais bien dit »

Vous l’avez sans doute compris, je vais vous parler avec cette lettre Y, du patois vendéen.

Le terme de patois est utilisé pour désigner les langues minoritaires, dans certains contextes et parfois avec une connotation dépréciative. Bien que souvent utilisé par les locuteurs des langues régionales eux-mêmes, le terme résulte en France d'une lente aliénation culturelle par laquelle les autorités voulurent faire croire aux Français parlant une langue autre que le français, que leur langue n'en était pas une, qu'elle n'était qu'une déformation locale de la langue française.

Ainsi en 1762 le dictionnaire de l'Académie française le définit ainsi ; « Langage rustique, grossier, comme est celui d'un paysan, ou du bas peuple ». Cette présentation est depuis plusieurs décennies dénoncée par la plupart des linguistes et des romanistes.

En Vendée, comme dans beaucoup d’autres départements français, le langage entre habitants était souvent fait en « patois ». Il peut être quelque peu différent d’une commune à une autre.
Tel mot est employé ici, tel autre est inconnu de l’autre côté du buisson. Les intonations diffèrent, on traine, on chante, suivant son clocher. Cependant, il semble pouvoir être établi qu’il existe à peu près quatre parlanges, correspondant aux quatre grandes divisions du sol vendéen ; le haut bocage, le marais, la côte sablaise, et la plaine.

Le patois est convivial, familial et toujours humoristique dans le bocage vendéen.



Quelques expressions en patois commençant par Y (là ou un bocain suggère d’écrire « i’o », le maraichin prononce peut-être « i’ou »
Y cré bé ; je crois bien
You craé don baé   ; ou  l’o craé don baé ; je le crois bien
Exemple : « cqu'eul dit you craé don baé olé la véritaé vrète pardit » ; « y cré bé quo va mouiller dam »
Yaprin ; garance voyageuse, plante de la famille des Rubiacées
Yener ; Glaner
Exemple : « Yener » dans la pièce de grain
Yolère ; Petite yole propulsée avec une ningle pour transport de personne
Exemple : « Monte dans la yolère, v´la les vêpres qui soune au ciocher »  
Yon, yan ; gland
You saé ja squ'olète :je ne sais pas ce que c'est
Exemple :  « - quétou colaète itchu ? - you saé ja squ'olète...! »
Yus ; leurs
Ya pas peurtousse dans la vie : formule utilisée par les chefs chouans pour exhorter leurs troupes avant les affrontements. L'expression s'est démocratisée et elle est aujourd'hui utilisée comme une phrase d'auto-encouragement : il faut prendre des risques sans forcément en analyser les conséquences.
Ya jamais personne derrière la meule (avec un sourire entendu) : les bals populaires de la région étaient, au début du vingtième siècle, de véritables sites de rencontres. Le décor comportait de nombreuses meules de foin derrière lesquelles nos amoureux d'un soir s'ébattaient. L'expression est employée, en toute ironie, pour signifier que l’on n’est pas dupe.
Yé mangé c'qu' y  v'las djire ; (j’ai oublié)
Yé pas demain la veille  (ce n'est pas près d’arriver)
Yé pas été fé ; traduction ; (en courant)
Y mange gros de pâtisserie ; (bé oui du pâté)

Je ne suis pas experte en patois vendéen. Si vous trouvez des erreurs sur l’écriture ou la traduction, dites le moi.

Offrandes  et Origines 365 pensées de Maitres Bouddhistes, et de sages africains, Danielle et Olivier Follmi.
Pour en savoir plus ;
http://recherche-archives.vendee.fr (data/files/ad85.ligeo/FRAD085_4NUM280/FR/Ad85/4Num280/55/4Num280_55.pdf)
Annuaire de la société d’Emulation de la Vendée (bulletin périodique 1908) sur http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2088549/f1.image